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Seifeddine Arfaoui : ne pas s’habituer à l’arbitraire

Il ne faut pas s’habituer.

Ne pas s’habituer à voir un jeune militant arrêté à son domicile, interrogé, placé en garde à vue, puis envoyé en prison parce qu’il a repris sur Facebook des slogans scandés lors d’une manifestation. Ne pas s’habituer à ce que la parole critique soit traitée comme un délit et que la prison devienne une réponse ordinaire à l’expression d’un désaccord politique.

Le 20 août 2026, Seifeddine Arfaoui, militant du mouvement Nafas, a participé à une manifestation pacifique au centre de Tunis. La mobilisation portait sur les difficultés quotidiennes, l’eau, l’électricité, les soins, la dignité et la justice sociale. Le lendemain, 21 août, après une campagne dirigée contre lui sur les réseaux sociaux, il a été arrêté à son domicile et conduit à la brigade de lutte contre la criminalité d’El Gorjani.

Il a d’abord été placé en garde à vue pendant quarante-huit heures, puis cette mesure a été prolongée. Le 24 août, le parquet a délivré un mandat de dépôt et l’a renvoyé détenu devant la chambre correctionnelle estivale du tribunal de première instance de Tunis. Il était poursuivi sur le fondement de l’article 86 du Code des télécommunications, pour ce qui a été présenté comme une « atteinte à autrui à travers les réseaux publics de télécommunications ».

Le 27 août, l’affaire a été mise en délibéré, tandis que Seifeddine Arfaoui restait en prison. Le 31 août, la chambre correctionnelle estivale l’a condamné, en première instance, à dix-huit mois de prison ferme, pour des publications reprenant les slogans de la manifestation.

Voilà les faits. Un militant est privé de liberté pour avoir participé à une mobilisation citoyenne et relayé des paroles de protestation. Cette condamnation ne peut être séparée du climat général de fermeture de l’espace public, de poursuites contre les voix critiques et de l’usage croissant de la justice comme instrument d’intimidation.

Chaque nouvelle arrestation risque de devenir une affaire parmi d’autres, rapidement chassée par la suivante. C’est précisément ce à quoi il faut résister. L’accoutumance est une victoire pour l’arbitraire. Lorsqu’une société finit par considérer comme normal qu’un militant soit condamné à dix-huit mois de prison pour des slogans ou une publication, elle accepte que le droit de critiquer, de protester et de s’organiser soit vidé de son sens.

Seifeddine Arfaoui doit être libéré. Les poursuites engagées contre lui pour l’exercice de son droit à l’expression doivent cesser. Il doit pouvoir retrouver sa famille, ses proches et son engagement citoyen.

Il faut aussi soutenir le mouvement Nafas, qui refuse de céder à la peur et réaffirme le droit des Tunisiennes et des Tunisiens à vivre dans une Tunisie libre, juste et respectueuse de leur dignité. Soutenir Nafas, c’est défendre le droit de toutes et tous à parler, à se réunir, à manifester et à demander des comptes au pouvoir.

Continuons à parler de Seifeddine Arfaoui. Continuons à mobiliser. Refusons que la répression judiciaire devienne une routine.

Liberté pour Seifeddine Arfaoui.
Soutien au mouvement Nafas.
Liberté pour toutes les personnes poursuivies pour leurs opinions et leur engagement pacifique.

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