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Les activités du CRLDHT en juillet 2026

Mobilisation, plaidoyer et solidarité face à l’aggravation de la répression en Tunisie

Le mois de juillet 2026 a été marqué par une activité intense du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT). Il a poursuivi son travail de mobilisation, de plaidoyer, d’information et de solidarité.

Une campagne internationale pour la libération de Mourad Zeghidi

À l’occasion de la Coupe du Monde de football 2026, le CRLDHT a lancé une campagne de solidarité en faveur du journaliste Mourad Zeghidi, ancien journaliste sportif de Canal+, dont les commentaires avaient accompagné plusieurs événements sportifs avant que sa voix ne soit réduite au silence par son emprisonnement en Tunisie.

À travers son cas, le Comité entendait rappeler que c’est l’ensemble de la profession journalistique qui est aujourd’hui visée par la répression, notamment Borhane Bsaies et Zied El Heni, eux aussi poursuivis ou condamnés pour avoir exercé leur métier.

Pour cette campagne, le Comité a réalisé une grande banderole portant le message : « Libérez le journaliste franco-tunisien Mourad Zeghidi, injustement emprisonné en Tunisie » ainsi que plusieurs centaines de tracts distribués tout au long de la compétition.

Le samedi 4 juillet, une première action s’est déroulée lors de la fête Tunis-sur-Seine, au Fort d’Aubervilliers. Les militants du Comité ont rencontré un public majoritairement franco-tunisien de toutes générations. L’accueil réservé à cette initiative fut particulièrement chaleureux ; plusieurs jeunes ont spontanément rejoint les militants pour participer à la diffusion des tracts.

Le même soir, à partir de 21 h 40, avant la rencontre France–Paraguay, le CRLDHT a poursuivi sa mobilisation à la Fan Zone de la Villette (Paris XIXe).  La campagne s’est poursuivie le 9 juillet devant la Fan Zone de l’avenue Daumesnil (Paris XIIe), où la banderole a de nouveau été déployée tandis que plusieurs centaines de flyers étaient distribués.

Un travail permanent d’alerte sur les violations des droits humains

Au-delà de ces mobilisations publiques, le CRLDHT a poursuivi tout au long du mois son travail quotidien de veille, d’information et de plaidoyer à travers la publication de nombreux communiqués dénonçant les atteintes aux droits humains.

Le Comité a condamné la lourde condamnation du juge Béchir Akremi, dénonçant une nouvelle illustration de l’instrumentalisation de la justice contre des magistrats devenus indésirables.

Il a également exprimé sa solidarité avec Anas Hmaïdi, président de l’Association des magistrats tunisiens en rappelant que la criminalisation des représentants de la magistrature constitue une nouvelle étape dans la destruction de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Le CRLDHT a également dénoncé les poursuites engagées contre Ajmi Lourimi et d’autres responsables politiques, estimant que ces procédures s’inscrivent dans une stratégie de judiciarisation de la vie politique destinée à neutraliser toute opposition.

Le Comité est aussi intervenu en soutien à Elyes Chaouachi, victime de poursuites et de campagnes d’intimidation, en rappelant que les garanties d’un procès équitable et la liberté d’expression doivent être les mèmes pour tous.

Face aux mesures prises contre l’espace culturel Le Rio, haut lieu de la vie culturelle indépendante tunisienne, le CRLDHT a dénoncé une nouvelle attaque contre la liberté de création et contre les espaces autonomes de débat et de pluralisme.

Le CRLDHT a également lancé une alerte urgente sur la situation dans les prisons tunisiennes au regard e la vague de chaleur exceptionnelle, dénonçant les coupures d’eau et d’électricité, les conditions de détention inhumaines et les risques encourus par l’ensemble des détenus, en particulier les prisonniers politiques, les personnes âgées et les malades. Il a appelé les autorités à garantir l’accès à l’eau, aux soins et à des conditions de détention conformes aux normes internationales, tout en réclamant des mesures de protection pour les détenus les plus vulnérables. Enfin, le Comité a poursuivi son travail de documentation sur les procès politiques, les atteintes à la liberté de la presse, les droits des migrants et les violations des droits économiques et sociaux.

Les rendez-vous de la Fête de la République

À l’occasion de la Fête de la République du 25 juillet, le CRLDHT a organisé plusieurs initiatives destinées à faire vivre une autre idée de la République, fondée sur les libertés, la justice et l’État de droit.

Le 22 juillet, le Comité a réuni à Paris des représentants de la société civile, des défenseurs des droits humains et des responsables issus de différentes sensibilités politiques tunisiennes afin d’échanger sur l’évolution de la situation en Tunisie, les perspectives de résistance démocratique et les conditions d’une reconstruction de l’État de droit.

Le 24 juillet, veille de la Fête de la République, le CRLDHT a organisé un rassemblement public à la Place Joachim-du-Bellay (Fontaine des Innocents) à Paris, en soutien aux prisonniers politiques et d’opinion. Militants, anciens détenus, représentants associatifs et citoyens y ont réaffirmé leur exigence de libération de l’ensemble des détenus d’opinion et de restauration des libertés fondamentales en Tunisie.

Hommage à trois amis fidèles de la Tunisie démocratique

Le 21 juillet, le CRLDHT a participé au Père-Lachaise à l’hommage rendu à Paul Oriol,  infatigable défenseur des droits des étrangers, de la citoyenneté de résidence et du droit de vote des étrangers aux élections locales et européennes. Ami de longue date des démocrates tunisiens, Paul Oriol a accompagné durant plusieurs décennies les combats pour les droits humains et les libertés.

Le Comité a également salué la mémoire de Said Bouziri, compagnon de route de nombreuses luttes démocratiques, dont l’engagement constant en faveur des migrants, de libertés, de la justice et de la solidarité internationale a marqué plusieurs générations de militants.

Un hommage a enfin été rendu à Tarek Ben Hiba, membre fondateur du CRLDHT, qui a consacré une grande partie de sa vie à la défense des victimes d’injustice et aux combats pour les libertés fondamentales. Son parcours demeure un exemple de courage, d’intégrité et de fidélité aux valeurs universelles des droits humains.

Une mobilisation qui se poursuit

Par ces différentes initiatives, le CRLDHT a poursuivi en juillet 2026 sa mission de défense des libertés fondamentales. Qu’il s’agisse de porter la voix des journalistes emprisonnés, de soutenir les prisonniers politiques, d’alerter sur les nouvelles dérives de la justice, de défendre les espaces de liberté, de favoriser le dialogue entre les forces démocratiques ou d’honorer la mémoire de celles et ceux qui ont consacré leur vie aux droits humains, le Comité a réaffirmé que la solidarité internationale demeure l’un des principaux remparts face à la dérive autoritaire que connaît aujourd’hui la Tunisie.

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