La vie de la journaliste Chadha Belhaj Mbarek est en danger !

L’état de santé de la journaliste Chadha Belhaj Mbarek a atteint un seuil critique qui engage désormais directement et pleinement la responsabilité des autorités tunisiennes.

Ce qui relevait hier encore de la négligence, de l’acharnement carcéral et de l’indifférence institutionnelle s’apparente aujourd’hui à une mise en danger délibérée de la vie d’une détenue en violation flagrante des obligations les plus élémentaires de l’État.

Cette situation ne constitue ni un accident ni une dérive isolée. Elle s’inscrit dans un récidivisme désormais établi du régime marqué par des précédents tragiques où la négligence médicale en détention a conduit à des issues fatales. Le sort des victimes de cette politique de déshumanisation est devenu récurent et c’est précisément l’impunité persistante dont bénéficient les responsables qui explique que ces pratiques continuent et s’aggravent.

Détenue depuis le 20 juillet 2023, Chadha Belhaj Mbarek a été victime, en prison, d’un ensemble d’abus graves et répétés :

– agression physique par une codétenue,

– absence de prise en charge médicale immédiate,

– refus d’accès effectif aux soins,

– retards injustifiables dans les examens cliniques et les diagnostics.

Malgré la gravité manifeste de son état et les alertes répétées, l’administration pénitentiaire a fait le choix délibéré de l’inaction contraignant la journaliste à recourir à des grèves de la faim pour revendiquer son droit fondamental à être examinée par un médecin.

Ce n’est qu’après des mois de souffrances et de détérioration continue de son état que des examens médicaux ont finalement révélé l’existence d’un cancer malin au niveau de l’abdomen, puis, ultérieurement, la découverte d’un second cancer au niveau de la poitrine.

Ce double diagnostic tardif constitue une conséquence directe, documentée et imputable à l’échec volontaire de la prise en charge médicale en milieu carcéral.

Aujourd’hui, l’état de santé de Chadha Belhaj Mbarek est extrêmement grave. Il nécessite des interventions chirurgicales urgentes et immédiates. Or, à ce jour, aucun calendrier médical clair n’a été fixé, aucun protocole d’intervention garanti, transformant l’attente en peine supplémentaire et la détention en condamnation à mort lente.

Face à cette situation dramatique, la mère de Chadha Belhaj Mbarek et l’ensemble de sa famille ont lancé un appel public et désespéré pour sauver sa vie. Il faut le dire sans détour :

Le maintien en détention de Chadha Belhaj Mbarek dans ces conditions constitue une forme de traitement inhumain et dégradant, assimilable à de la torture par privation de soins, prohibée par le droit tunisien et par l’ensemble des conventions internationales ratifiées par la Tunisie.

Nous affirmons clairement que toute aggravation de l’état de santé de Chadha Belhaj Mbarek, toute complication médicale et, à plus forte raison, toute issue fatale, relèveront d’une responsabilité directe, juridique, politique et morale de l’État tunisien, de l’administration pénitentiaire et des autorités sanitaires.

Face à cette situation d’extrême urgence, nous exigeons :

  • La libération immédiate et inconditionnelle Chadha Belhaj Mbarek en raison de la gravité de son état de santé et son transfert hors du milieu carcéral.
  • La mise en œuvre immédiate d’un protocole médical complet, incluant les interventions chirurgicales nécessaires dans des conditions garantissant la dignité, la sécurité et la survie de la patiente.
  • L’ouverture d’une enquête indépendante, sérieuse et exhaustive sur les violences subies sur l’ensemble des actes d’omission et de négligence médicale dont elle a été victime en détention, ainsi que sur toutes les morts suspectes survenues en milieu carcéral du fait de la négligence des autorités.
  • La libération de l’ensemble des détenu·e·s politiques et d’opinion, et la fin immédiate des politiques carcérales qui transforment la détention en instrument de représailles et de mise à mort lente.
  • La garantie qu’aucune autorité ne pourra se retrancher derrière des prétextes administratifs ou procéduraux pour justifier l’inaction face à une urgence vitale.

Le silence, l’attentisme et les faux-semblants ne sont plus des options : ils constitueraient une complicité manifeste.

La vie de Chadha Belhaj Mbarek est en danger ici et maintenant.

La sauver est une obligation légale, morale et politique.

L’inaction ne relèverait plus d’une faute : elle constituerait un crime et une infraction pénale.

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