Jawher Ben Mbarek entame une grève de la faim illimitée : quand la justice est pervertie, les corps deviennent à eux seuls des actes d’accusation

Le comité de défense des leaders politiques détenus dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État » (composé d’avocats) informe l’opinion publique que le prisonnier politique Jaouhar Ben Mbarek a entamé, depuis le dimanche 30 mars 2025, une grève de la faim ouverte et illimitée.

Cette décision radicale intervient alors que le pouvoir poursuit son acharnement judiciaire dans une affaire éminemment politique, dénuée de fondement, montée de toutes pièces pour faire taire l’opposition démocratique et étouffer toute voix libre dans le pays. L’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’Etat » vise une quarantaine de figures politiques, associatives et médiatiques détenues arbitrairement depuis plus d’un an, sans preuves tangibles, dans une procédure où la justice est entièrement soumise à l’agenda du pouvoir exécutif.

Jaouhar Ben Mbarek entame sa grève de la faim pour dénoncer l’imposition des audiences à distance qui constitue une violation directe de son droit à un procès équitable. Il exige sa présence physique à l’audience prévue le 11 avril 2025 afin de se défendre publiquement, de réfuter les accusations, de confronter ses accusateurs et de dénoncer le caractère politique de cette mascarade judiciaire. Il proteste également contre la falsification manifeste des faits lors de l’audience du 4 mars 2025 où l’on a prétendu qu’il avait refusé de comparaître, alors qu’il avait au contraire exigé de se présenter devant le tribunal.

Dans la Tunisie d’aujourd’hui, la justice n’est pas seulement muette, elle est confisquée, instrumentalisée, retournée contre celles et ceux qu’elle devrait protéger. Dans ce désert de droit, il ne reste plus aux prisonniers que leurs corps pour crier la vérité et de réclamer justice.
Ce n’est plus seulement un silence qu’ils affrontent, c’est un mur fait d’opacité, de mensonges et de cruautés institutionnalisées. Face à cela, ils n’ont d’autre choix que de transformer leur chair en acte d’accusation, leur souffrance en cri, leur grève en ultime recours contre l’humiliation.

Jaouhar Ben Mbarek ne se tait pas : il parle avec son corps. Il nous oblige à entendre ce que le régime cherche à effacer : la dignité, la justice, la vérité.

Le CRLDHT, tout comme le Comité de défense des leaders politiques détenus dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État », affirme son soutien total et inconditionnel à Jaouhar Ben Mbarek et réitère son rejet absolu des procès à distance qu’il considère comme une négation du droit fondamental à la défense. Il renouvelle son appel aux autorités en place à respecter leurs engagements internationaux et à se conformer à la décision du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.

Le CRLDHT , tout comme le Comité de défense (avocats) exige que l’audience du 11 avril 2025 se tienne en présence physique de tous les accusés et appelle les avocats, les magistrats intègres, les organisations de défense des droits humains, la société civile tunisienne ainsi que les partenaires internationaux à ne pas détourner le regard.

Ce combat n’est pas seulement celui d’un homme pour sa liberté, c’est celui de tout un peuple pour le droit, contre l’arbitraire.

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